Heures creuses EDF : faut-il s’inquiéter quand on est équipé d’une pompe à chaleur dans l’Ain ?

Depuis plusieurs mois, une information circule régulièrement : les horaires des heures creuses vont évoluer. Certains parlent de réforme, d’autres de bouleversement tarifaire.
Dans les échanges que nous avons avec nos clients dans l’Ain et autour de Bourg-en-Bresse, la même question revient :
« Est-ce que ma pompe à chaleur va me coûter plus cher ? »
La réponse mérite mieux qu’un oui ou un non.
Elle nécessite d’expliquer comment fonctionne réellement une pompe à chaleur, comment se construit une facture d’électricité et ce que change — concrètement — cette évolution des horaires.
Ce que nous allons faire ici, c’est analyser la situation comme si nous étions chez vous, devant votre installation.
Comprendre ce qui change vraiment

Il est important de clarifier un point dès le départ : les heures creuses ne disparaissent pas.
Elles restent au nombre de huit par jour. Le principe du tarif différencié entre heures pleines et heures creuses est conservé.
Ce qui évolue, c’est leur répartition.
Historiquement, beaucoup de foyers avaient huit heures creuses concentrées la nuit, souvent entre 22h et 6h ou 23h et 7h.
La nouvelle organisation prévoit au minimum cinq heures consécutives la nuit, avec la possibilité d’ajouter jusqu’à trois heures en journée, généralement entre la fin de matinée et le milieu d’après-midi.
Cette évolution répond à un objectif national : mieux répartir la consommation électrique et intégrer davantage la production solaire, qui est maximale en journée.
Pour une maison chauffée électriquement par des convecteurs classiques, le changement peut sembler stratégique. Pour une maison équipée d’une pompe à chaleur moderne, la réalité est plus nuancée.
Une pompe à chaleur ne fonctionne pas comme un chauffe-eau

Il faut éviter une confusion fréquente.
Un ballon d’eau chaude peut être programmé pour fonctionner uniquement en heures creuses. Il stocke de l’énergie thermique pour la journée suivante. La logique est simple : chauffer quand c’est moins cher.
Une pompe à chaleur, elle, ne stocke pas l’électricité. Elle produit de la chaleur en continu, en fonction des besoins réels du logement. Elle module sa puissance selon la température extérieure et la consigne intérieure.
Dans la majorité des installations récentes que nous réalisons chez ETC01, la régulation se fait via une loi d’eau. Cela signifie que la température de l’eau envoyée dans les radiateurs ou le plancher chauffant s’adapte automatiquement à la température extérieure.
Si la maison perd peu de chaleur, la PAC ralentit. S’il fait plus froid, elle accélère.
Elle ne s’arrête pas brutalement à 6h01 parce que les heures pleines commencent.
C’est ici que la réforme des horaires perd beaucoup de son caractère dramatique.
La consommation annuelle ne dépend pas de l’heure
Prenons un exemple concret, basé sur des données réalistes que nous observons dans l’Ain.
Maison individuelle de 120 m²
- Isolation correcte (niveau RT 2012 ou rénovation sérieuse)
- Pompe à chaleur air-eau correctement dimensionnée
- Consommation annuelle chauffage : environ 7 500 kWh
Cette consommation dépend :
- du climat local,
- de l’isolation,
- de la surface,
- du nombre d’occupants,
- des habitudes de température.
Elle ne dépend pas du fait que l’électricité soit facturée en heures pleines ou creuses.
Si votre maison a besoin de 7 500 kWh de chaleur sur l’année, elle les consommera, quel que soit le découpage horaire.
La vraie question devient donc : quelle part de cette consommation est facturée au tarif réduit ?
Simulation chiffrée : avant et après
Utilisons des chiffres cohérents avec le tarif réglementé 2026.
- Heures pleines : environ 0,27 € / kWh
- Heures creuses : environ 0,21 € / kWh
- Différence : 0,06 € par kWh
Situation avant évolution des horaires
Supposons qu’avec des heures creuses concentrées la nuit, 70 % de la consommation chauffage tombe en heures creuses.
- 7 500 kWh × 70 % = 5 250 kWh en heures creuses
- 7 500 kWh × 30 % = 2 250 kWh en heures pleines
Coût :
- 5 250 × 0,21 = 1 102 €
- 2 250 × 0,27 = 607 €
Total chauffage annuel ≈ 1 709 €
Situation après répartition modifiée

Si la nouvelle organisation entraîne une répartition de 60 % en heures creuses et 40 % en heures pleines :
- 4 500 kWh en heures creuses
- 3 000 kWh en heures pleines
Coût :
- 4 500 × 0,21 = 945 €
- 3 000 × 0,27 = 810 €
Total chauffage annuel ≈ 1 755 €
Différence annuelle : 46 €
Moins de 4 € par mois.
Même si la répartition devenait 55 / 45, l’écart resterait inférieur à 70 € par an. On est très loin d’une explosion de facture.

Et si votre PAC fonctionne en continu ?
Dans la réalité, beaucoup d’installations modernes ne concentrent pas 70 % de leur consommation la nuit.
Une PAC à régulation fine fonctionne souvent de manière plus répartie, avec une différence réelle plus proche de 60 / 40 ou même 55 / 45 dès aujourd’hui.
Dans ces cas, le changement d’horaires a un impact encore plus faible.
Nous observons souvent que la variation annuelle réelle se situe entre 20 et 60 € selon les profils.
Le confort ne dépend pas des heures creuses
Un autre point revient souvent : “Si les heures creuses sont déplacées, vais-je perdre en confort ?”
Non.
Le confort thermique dépend :
- du dimensionnement de la PAC,
- du réglage de la loi d’eau,
- de l’inertie du système (plancher chauffant ou radiateurs),
- de la qualité d’isolation.
Si votre installation est correctement réglée, la température intérieure reste stable, indépendamment du tarif horaire.
En revanche, si une PAC a été programmée pour chauffer fortement la nuit puis réduire en journée, la répartition des heures creuses peut rendre cette stratégie moins pertinente.
Mais cela concerne surtout les anciennes logiques de programmation, pas les systèmes modernes modulants.
Cas particulier : plancher chauffant vs radiateurs
Un plancher chauffant possède une forte inertie. Il accumule la chaleur et la restitue lentement.
Cela signifie qu’un léger surcroît de chauffe en fin de nuit peut maintenir une température confortable jusqu’en milieu de journée.
Avec des heures creuses partiellement déplacées en journée, le plancher chauffant peut fonctionner de manière encore plus stable, car la température extérieure est souvent plus élevée l’après-midi qu’au petit matin.
Une pompe à chaleur a un meilleur rendement quand il fait +8°C que lorsqu’il fait -3°C. Chauffer davantage lorsque l’air extérieur est plus doux peut même améliorer légèrement le COP.
Avec des radiateurs basse température, l’inertie est plus faible. La PAC travaille davantage en réaction immédiate aux besoins. Là encore, le système s’adapte naturellement.
Dans aucun des deux cas nous n’observons un impact majeur lié au déplacement des heures creuses.
Quand le changement peut devenir un avantage
L’ajout d’heures creuses en journée peut devenir intéressant dans deux situations :
- D’abord, si vous envisagez une installation photovoltaïque. Chauffer en partie pendant les heures solaires cohérentes avec la production peut optimiser l’autoconsommation.
- Ensuite, si votre PAC était réglée de manière trop agressive la nuit, le fait d’avoir une plage creuse en journée peut permettre un fonctionnement plus équilibré.
Dans certains cas, nous constatons une amélioration du rendement saisonnier après optimisation des réglages.
Faut-il rester en heures pleines / heures creuses ?
Voilà une vraie question stratégique !
L’option HP/HC est rentable si vous consommez une part importante en heures creuses.
Si votre profil est très réparti ou si vous avez peu de consommation nocturne, l’option Base peut parfois être plus pertinente.
Nous avons déjà réalisé des études où un client économisait 80 à 120 € par an simplement en changeant d’option tarifaire, indépendamment de la réforme.
La réforme des horaires est souvent l’occasion de vérifier ce point.
Ce que vous pouvez réellement vérifier chez vous, étape par étape

Avant de tirer des conclusions sur l’impact des nouvelles heures creuses, il est essentiel de prendre un peu de recul et d’observer votre installation dans son ensemble.
Dans la majorité des cas, les différences de facture ne viennent pas d’un changement d’horaire, mais d’un réglage perfectible ou d’une mauvaise compréhension du fonctionnement de la pompe à chaleur.
1. Analysez votre consommation en kWh, pas seulement en euros
Beaucoup de propriétaires regardent uniquement le montant total de leur facture. C’est une erreur fréquente.
Le montant dépend du tarif du kWh, des taxes, de l’abonnement et de l’évolution des prix. Pour comprendre ce qui se passe vraiment, il faut regarder le volume d’énergie consommé, exprimé en kilowattheures.
Prenez votre facture annuelle complète, ou mieux, connectez-vous à votre espace client EDF (ou autre fournisseur) et regardez la consommation totale sur 12 mois glissants.
Notez le chiffre global, puis comparez-le à celui de l’année précédente.
Si vous observez une hausse de 10 %, la question n’est pas immédiatement liée aux heures creuses. Elle peut venir :
- d’un hiver plus froid,
- d’une augmentation de la température intérieure,
- d’un changement d’occupation du logement,
- d’un réglage différent de la PAC,
- d’un appoint électrique qui se déclenche plus souvent.
Dans l’Ain, par exemple, la différence entre un hiver doux et un hiver plus rigoureux peut représenter 10 à 15 % de variation de consommation chauffage.
Cela peut correspondre à 700 ou 1 000 kWh sur l’année.
À comparer avec les 40 à 60 € potentiellement liés à la nouvelle répartition horaire, on comprend vite où se situe le véritable enjeu.
2. Comparez l’hiver et l’été pour isoler le chauffage
Ensuite, il faut distinguer la part liée au chauffage de la part liée aux usages courants.
Regardez votre consommation entre décembre et février. Puis regardez celle de juin à août.
En été, la pompe à chaleur air-eau ne fonctionne pratiquement que pour l’eau chaude sanitaire (si elle est couplée au ballon).
La consommation observée durant ces mois représente donc votre “socle” domestique : électroménager, éclairage, informatique, etc.
En hiver, la différence entre la consommation estivale et la consommation hivernale correspond principalement au chauffage.
Exemple concret observé chez un client autour de Bourg-en-Bresse :
- Consommation moyenne été : 450 kWh par mois
- Consommation moyenne hiver : 1 200 kWh par mois
La différence de 750 kWh par mois en hiver est majoritairement liée au chauffage.
Ce simple calcul permet d’évaluer précisément la part énergétique de votre PAC.
Sans cette analyse, il est impossible de mesurer l’effet réel d’un changement tarifaire.
3. Vérifiez si la loi d’eau est réellement active
La loi d’eau est le cœur du fonctionnement intelligent d’une pompe à chaleur moderne. Pourtant, nous constatons régulièrement qu’elle est mal comprise, voire désactivée.
Concrètement, la loi d’eau ajuste automatiquement la température de l’eau envoyée dans votre circuit de chauffage en fonction de la température extérieure.
- Plus il fait froid dehors, plus l’eau envoyée est chaude.
- Plus il fait doux, plus la température baisse.
Ce système permet d’éviter les surchauffes, de limiter les cycles courts et d’optimiser le rendement.
Pour vérifier si elle est active, il faut accéder au menu de régulation de votre unité intérieure.
Sur une Mitsubishi Ecodan par exemple, vous devez pouvoir visualiser une courbe de chauffe. Si vous voyez uniquement une température fixe de départ (par exemple 45 °C en permanence), la loi d’eau n’est probablement pas utilisée correctement.
Une loi d’eau mal réglée peut générer une surconsommation importante.
Si la pente est trop élevée, la PAC envoie une eau inutilement chaude. Chaque degré supplémentaire augmente la consommation électrique.
Dans une maison de 120 à 140 m², un réglage excessif peut représenter 500 à 1 000 kWh supplémentaires par an.
Au tarif actuel, cela peut correspondre à 100 à 250 € de surcoût annuel.
On comprend alors que l’enjeu est ailleurs que dans le déplacement de trois heures creuses.
4. Contrôlez la température de départ maximale
Même si la loi d’eau est active, il existe toujours une limite supérieure paramétrée.
Cette température maximale correspond au plafond que la PAC ne dépassera pas.
Dans un plancher chauffant, la température de départ dépasse rarement 35 à 40 °C. Si vous constatez un réglage à 50 °C, cela mérite une vérification.
Dans des radiateurs basse température, la limite peut se situer autour de 45 °C. Au-delà, on pénalise le rendement.
Pourquoi cela a-t-il un impact ?
Parce que le coefficient de performance (COP) d’une pompe à chaleur diminue lorsque la température de l’eau demandée augmente.
En simplifiant, plus vous exigez une eau chaude élevée, plus la machine consomme d’électricité pour produire la même quantité de chaleur.
Abaisser la température maximale de 3 à 5 °C, lorsque cela est possible, peut réduire la consommation annuelle de plusieurs centaines de kilowattheures.
C’est une optimisation simple, souvent invisible pour l’utilisateur, mais très efficace.
5. Observez le comportement de votre pompe à chaleur
Une PAC performante fonctionne de manière stable et modulée. Elle adapte sa puissance progressivement.
Si vous entendez votre machine démarrer et s’arrêter fréquemment, avec des cycles de quelques minutes seulement, il y a probablement un problème de réglage ou de dimensionnement.
Ces cycles courts entraînent :
- une usure prématurée,
- une baisse de rendement,
- une augmentation de la consommation.
Un fonctionnement stable, en modulation continue, est beaucoup plus efficace.
Vous pouvez observer cela simplement en regardant la fréquence des démarrages sur votre interface ou en prêtant attention au comportement sonore de l’unité extérieure.
Si vous constatez des démarrages toutes les 10 ou 15 minutes en période froide, nous vous conseillons de faire vérifier les paramètres.
6. Regardez la cohérence entre votre abonnement et votre profil
La réforme des heures creuses est aussi l’occasion de se poser une question plus large : votre option tarifaire est-elle toujours adaptée ?
Certaines maisons équipées de pompe à chaleur fonctionnent presque en continu, avec une répartition assez homogène sur la journée.
Dans ces cas, l’option Base peut parfois être plus avantageuse que l’option heures pleines / heures creuses.
À l’inverse, si vous avez un ballon d’eau chaude couplé aux heures creuses et une forte consommation nocturne, l’option HP/HC reste pertinente.
Ce calcul ne doit pas être fait “à l’aveugle”. Il nécessite d’analyser votre répartition réelle de consommation.
Pourquoi ces vérifications sont plus importantes que le changement d’horaires

Lorsque l’on met bout à bout ces éléments (loi d’eau, température de départ, cycles, cohérence d’abonnement) on se rend compte que les marges d’optimisation peuvent représenter plusieurs centaines d’euros par an.
À côté de cela, l’impact du déplacement partiel des heures creuses reste marginal.
Il est normal de s’interroger face à un changement national. Mais la performance réelle d’une pompe à chaleur se joue dans les réglages fins et l’adéquation avec votre maison.
Dans la grande majorité des cas que nous analysons dans l’Ain, un ajustement technique apporte un gain bien supérieur à l’effet tarifaire de la réforme.
Et c’est précisément pour cela qu’un diagnostic personnalisé reste la meilleure manière d’aborder ces évolutions avec sérénité.
L’erreur la plus fréquente que nous rencontrons
La plupart des surconsommations ne proviennent pas du tarif horaire. Elles viennent :
- d’un mauvais dimensionnement initial,
- d’un réglage de température trop élevé,
- d’une absence d’optimisation saisonnière,
- d’une mauvaise compréhension du fonctionnement de la PAC.
Le déplacement des heures creuses attire l’attention. Mais dans la pratique, les économies réelles se jouent ailleurs.
Un exemple réel observé dans l’Ain
- Maison de 135 m²
- Plancher chauffant
- PAC Mitsubishi Ecodan
Consommation initiale : 8 200 kWh / an
Après optimisation de la loi d’eau et ajustement de la température de départ :
Nouvelle consommation : 7 100 kWh / an - Économie annuelle : environ 300 €
Comparée aux 40 ou 50 € liés à la répartition horaire, la différence est claire.
Pourquoi cette réforme inquiète autant ?
Parce que l’électricité est devenue un sujet sensible. Les hausses successives ont marqué les esprits. Le moindre changement est perçu comme une menace potentielle.
Dans la réalité technique, la pompe à chaleur reste l’un des systèmes de chauffage les plus performants et les plus stables économiquement.
Son rendement dépend d’abord de la physique, pas du découpage horaire.
Ce qu’il faut retenir si vous êtes équipé d’une PAC dans l’Ain
- Votre consommation annuelle ne changera pas.
- L’impact financier probable reste limité.
- Le confort thermique ne sera pas affecté si l’installation est correctement réglée.
- La réforme peut même être l’occasion d’améliorer votre optimisation globale.
Pourquoi faire vérifier votre installation maintenant ?
Parce que chaque système est unique.
Deux maisons identiques sur le papier peuvent présenter des comportements énergétiques très différents selon :
- le réglage,
- l’exposition,
- les habitudes,
- l’isolation réelle,
- l’abonnement électrique.
Chez ETC01, nous intervenons régulièrement dans l’Ain et autour de Bourg-en-Bresse pour analyser les consommations réelles, ajuster les lois d’eau et vérifier la cohérence entre installation et abonnement.
Une installation bien réglée peut absorber sans difficulté l’évolution des horaires.
Si vous souhaitez comprendre précisément ce que cela change dans votre situation, le plus efficace reste une analyse personnalisée basée sur vos données réelles. C’est là que les chiffres deviennent vraiment pertinents.
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